Elle n’est pas si loin l’époque à laquelle le handicap était un sujet tabou, au point que l’on cachait ceux que l’on définissait par cet unique mot. Enfermés, dissimulés, rejetés et bafoués, leur existence était très limitée, souvent tue.

Aujourd’hui, le vingt-et-unième siècle en France nous permet de voir plus loin, plus diversifié et, même si la discrimination envers les personnes différentes continue d’apparaître ça et là, l’inclusion s’organise petit à petit, au fil des années, Les dames ont les mêmes droits que leurs maris, les êtres humains qui ont une couleur de peau plus foncée que d’autres se promènent dans la rue, les hommes et femmes qui ont un amoureux du même sexe qu’eux peuvent se marier et les handi… Les handi peuvent avoir une vie !

Plus loin que ces préjugés

Par « vie », j’entends sortir, avoir des amis, travailler, voyager, avoir des enfants et des petits-enfants… Ceci dit, le verbe « pouvoir », je ne l’ai pas choisi au hasard car « avoir » influerait une évidence et une banalité qui, malgré les avancées sociales, ne sont malheureusement pas encore un fait. Ainsi lorsqu’on me demande ce que je fais de mes journées, s’attend-on souvent à ce que je parle livres, jeux vidéos, ou autres loisirs simples, non à ce que j’évoque un métier.

Pourtant c’est le cas. Et dire que ça en étonne plus que vous ne le croyez ne serait en aucun cas un mensonge, ni même une exagération de ma part je vous l’assure. Même lorsque Ô joie mon interlocuteur n’ouvre pas de grands yeux ébahis, la plupart du temps il ne garde pour autant pas une mine neutre à l’écoute des détails. Car non, je ne travaille pas dans un bureau, parquée dans un coin, cachée par un ordinateur. Et non, si j’écris, je ne fais pas que ça. Oui je bouge, je me déplace, je rencontre des gens, parle devant des assemblées, pars à l’autre bout du monde et conduis… pour gagner ma vie, est-ce possible ?

Ça l’est.

Difficile n’est pas impossible

Bien sûr, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain et bien sûr n’ai-je jamais envisagé de prendre un poste de factrice à vélo ou de charpentier. J’ai beau vouloir de tout coeur prouver que mon fauteuil n’est un frein à rien, certaines évidences ne seraient discutables qu’en faisant preuve d’une mauvaise foi défiant toute concurrence.

Non, l’idée retenue, après être passée par des projets soit fous, soit de consolation, fut d’allier le métier auquel je me destinais au moment de mon accident à l’expérience que je devais vivre par mon handicap. Le premier ayant été l’un de mes amours, le second un pan entier de mon existence imposé et désormais omniprésent, comment aurais-je pu délaisser l’un ou l’autre ? Communication d’un côté, handicap de l’autre… On fusionne à la Dragon Ball et je me retrouve à communiquer à propos du handicap : bingo !

Mais si j’ai pu faire ce que je voulais (blog, conférences) et évoluer ensuite (voyages) c’est aussi parce que j’en avais la capacité. Physique je veux dire : pas de gros soucis urinaires par exemple, pas besoin de matériel d’adaptation non plus. Des « troubles » de la concentration ou une fatigue peut-être plus rapide à ressentir à la rigueur… Certains voient mon auto-entreprenariat comme une preuve de courage alors que pour moi c’est davantage une solution de facilité car pas d’horaires et pas de dépendance hiérarchique.

Des handicaps il y en a plein. Certains ont besoin d’aménagements, de mi, tiers ou quart-temps et ça peut faire peur pour un employeur ou ne serait-ce que pour des collègues. Mais aujourd’hui il existe des aides financières, il existe des objets adaptés, il existe des associations : les solutions sont multiples et si au début ça peut paraître un peu compliqué ou un peu laborieux et bien… ça n’est qu’au début, le temps que les choses se mettent en place.

C’est tellement une démarche fastidieuse pour un handi de chercher du boulot que s’il le fait, c’est que la volonté est là. Parce qu’on est toujours obligé de justifier le fait que nous fassions différemment, prouver que malgré ça, on peut faire aussi bien, voire mieux pourquoi pas ?

À chacun son job !

J‘ai un ami qui a le syndrome d’Elers Danlos qui est chef de coeur dans une chorale et musicien. Une amie para qui travaille aux impôts. Un pote para aussi qui est représentant pour une marque de matériel médical. Une autre amie avec une sclérose en plaque qui souhaite monter sa boutique en ligne de créations artisanales. Je connais une personne aveugle qui bosse à l’accueil de la mairie de ma ville… Il y a des athlètes paralympiques, des acteurs, des auteurs, des standardistes, des artistes, des politiques, des scientifiques… Il y a des riches, des intellectuels, des manuels, des grands, des insomniaques, des hyperactifs, des pères/mères de famille… et il y a des handi. Chacun fait un métier qui correspond à ses capacités, à ses envies, ses besoins, sa situation géographique, ses études… Et il n’y en a pas deux pareils, valides ou non, n’est-ce pas ?

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