Deux nouvelles boutiques ont ouvert ou vont ouvrir près de chez moi. Des boutiques qui m’intéressent. Comme elles communiquent énormément via Facebook, j’ai décidé de mettre les pieds – ou plutôt les roues – dans le plat, et d’y aller de mon petit commentaire d’handi.

« Je suis contente de voir ce genre d’enseigne par ici, j’ai hâte de venir y faire un tour, en espérant que ce soit accessible tant aux personnes en fauteuil qu’à celles qui ont des poussettes (entre autres) ! »

Voilà.

Voilà.

Voilà.

La première n’a pas répondu.

Pour la seconde, je n’ai pas été mignonne parce que je l’ai bien vue, la marche à l’entrée, toute petite mais pas assez sur la photo de promo. La responsable du magasin n’a pas répondu ô surprise ! Mais une autre personne m’a gentiment fait part de ses observations.

« Ne vous inquiétez pas, il semble me souvenir qu’il y a une sonnette à l’entrée exprès ».

Chouette. Mais en fait non. Nous ce qu’on veut, ce n’est pas se faire prendre par la main pour rentrer quelque part, nous ce qu’on veut c’est être autonome. Certes c’est toujours mieux que rien mais ça ne m’est pas suffisant, égoïste que je suis !

« Vous comprenez, une rampe ce n’est pas possible parce que le trottoir, la mairie blablabla… »

Il y a peu je me suis rendue dans la ville de Blois. J’y avais passé quelques mois quand je faisais mes études, juste avant mon accident. Aujourd’hui la ville a un peu changé car désormais, les deux tiers des magasins ont une rampe, un accès, un seuil antidérapant. Alors qu’on arrête de vouloir nous faire croire que ce n’est pas possible (merci).

« Et puis vous voyez la porte du bâtiment d’à côté lui, il a deux marches, alors que la boutique n’en n’a qu’une : c’est bien qu’un effort a été fait. »

Lorsque je lis ce genre de commentaire, je suis rassurée, je me dis qu’en tant que communicante sur le handicap je ne risque pas d’être au chômage demain. Mais de ce fait je suis aussi complètement désespérée en tant qu’handi ! Comment faire comprendre une bonne fois pour toutes aux gens qu’en fauteuil (pour ceux qui ne peuvent pas s’en lever) qu’il y ait une marche, ou deux ou trois, le résultat est le même : soit on fait demi-tour, soit on accepte de dépendre de quelqu’un d’autre ?

Oui oui je sais, se faire aider de temps en temps ça ne fait pas de mal, ça peut même servir de plan drague. Cela dit si le « de temps en temps » s’applique aux trois quarts des boutiques, comprenez que ça puisse nous freiner à partir en session shopping. Si je relativise, je peux me dire que ça me fait faire des économies mais autrement, c’est un brin frustrant.

Mais revenons à cette histoire de sonnette. Le premier réflexe que j’ai eu est de la condamner. Et puis je me suis souvenue de ce magasin dans la rue à côté de la mienne qui, lorsque je sonne, sort une rampe mobile qu’ils gardent dans leur réserve et laissent ainsi le temps que je fasse mes emplettes. Finalement la sonnette est à juger selon ce qu’elle provoque : si c’est juste pour prévenir quelqu’un qu’il faut venir nous aider/nous pousser ça ne me plaît guère. Je n’aime pas que des inconnus touchent mon fauteuil, il est une partie de moi. Mais la rampe mobile je trouve que c’est une bonne alternative : adieu obligations administratives pour la boutique mais bonjour liberté pour nous ! 

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