En ce moment, pas loin de chez moi, il y a une exposition de photos magnifiques. Elles ont été vandalisées. Et ça m’a rendue à la fois très agacée et… très désespérée !

Cette série de clichés présente la diversité dans les couples et foyers français. Monoparentalité, couple lesbien, couple gay, couple handi, couple plurinational… Or celles représentant des couples homosexuels ont été lacérées et il y a parfois été écrit dessus un « Non » au feutre noir.

Faut-il qu’en 2019, au 21e siècle, il y ait encore des individus à ce point étroits d’esprit ? Est-ce que l’on se permet de refuser des sentiments qui ne nous concernent même pas ? Visiblement oui.

Outre le fait que non, l’homosexualité comme la transidentité ne sont pas le résultat de maladies (avec les moyens scientifiques de nos jours, ça ferait longtemps que ça aurait été prouvé si ça avait été réellement le cas) à quel moment ont-ils demandé l’avis des autres pour… Et bien pour exister, tout simplement ?

Ces « Non » gribouillés sur de si belles images laissent penser que la permission a été demandée et que ces vandales ont considéré qu’ils étaient en droit de la refuser. Est-ce qu’une personne brune demande la permission d’être brune ? Est-ce qu’une personne qui a des lunettes demande la permission de porter des lunettes ? Est-ce que moi j’ai demandé la permission d’être en fauteuil ?

Et oui, ça semble idiot n’est-ce pas ? La couleur des cheveux, la qualité de nos yeux, un handicap… ce n’est pas un choix. Non. Et les sentiments non plus. Combien de nanas sont tombées folles amoureuses de gars violents ? Combien de mecs ont craqué pour des filles hystériques ? Il y a mon cousin de seize ans qui est « in love » de sa prof de français, le fils de ma voisine qui a quatre amoureuses, j’ai ce pote qui est en couple avec quelqu’un qui vit à trois-cent kilomètres de lui, et il y a cette amie qui s’est fiancée avec un homme qui avait déjà une enfant. Ces histoires sont parfois vouées à l’échec, parfois mises en doute, parfois difficiles et puis parfois, elles sont merveilleuses. 

On imagine facilement les Dieux de l’Olympe se passer une grande corbeille avec des millions de noms dedans. Imaginez.

Hadès pioche. « TarteEnPion, petit brun maigre très intelligent, 35 ans. »

Au tour d’Athéna, elle prend un papier. « TarteEnPrune, petite charnue naïve, bonne personne, 29 ans.» Hop, un couple de fait, au suivant. 

Héra s’y met. « Bidule, garçon introverti un peu geek, passionné de géographie, 19 ans. »

La corbeille passe à Hermès. « Chouette, dame très catholique pratiquante, déteste les fleurs, 65 ans. » Oui non, peut-être pas quand même… Hermès veut recommencer mais Apollon prend le relais, se plaignant des « éternels plans foireux du Dieu messager ». 

Quand on a la main malchanceuse, on s’abstient. Hermès râle mais Zeus approuve la partie adverse, qui pioche. « Truc, grand gars tchatcheur, joue de la batterie, 20 ans.» Mieux ! Couple suivant. 

Et ainsi de suite.

Bref, l’amour est un cadeau merveilleux. Le seul amour qui soit un choix est celui que soi-même on porte au monde. Que ceux qui en sont dépourvus ne prennent pas pour excuse une soi-disante anormalité des autres. L’anormalité serait que nous soyons obligés de suivre un modèle dans un monde dont la richesse réside justement dans son immense et incroyable diversité.

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