Je suis une personne plutôt sociable qui considère son entourage comme indispensable à son développement personnel. Ainsi, comme je suis souvent amenée à me déplacer un peu partout en France, je m’arrange pour rendre visite aux uns et aux autres autant que possible.

 Seulement voilà, j’ai beau aimer vadrouiller, j’avoue préférer les accueillir chez moi plutôt qu’ils m’accueillent chez eux. Pas par flemme de prendre la route donc, vous l’aurez compris, mais pour une raison plus simple que cela…

… Mon sentiment d’inutilité

Parce que lorsque je vais chez quelqu’un d’autre – valide – il est rare que son « home sweet home » soit adapté. Parfois c’est l’aventure pour rentrer à cause de marches ou de terrain impraticable en fauteuil, parfois ce sont les portes trop étroites, les meubles trop hauts ou les tables trop basses. Et parfois c’est tout ça à la fois. Je n’aborde même pas la question des escaliers bien sûr.

Alors c’est évident, je ne vais en vouloir à personne de vivre dans un environnement qui ne me soit pas adapté, ce serait d’un extrême égoïsme. Néanmoins, mon éducation piétinée, la frustration et la culpabilité m’accompagnent quelques fois face à mon incapacité à donner un coup de main qui me semblerait logique.

Aider à débarrasser la table, faire un peu de vaisselle, apporter les plats, participer à la cuisine… Tout cela, ce sont des gestes que je voudrais pouvoir faire mais que faute d’accessibilité je ne peux réaliser. Alors j’attends, obligée de laisser les autres faire en essayant de rester naturelle face à une situation qui me pèse en réalité beaucoup.

Puis il faut dire aussi que j’aime recevoir…

J’aime chouchouter les gens que j’aime quand ils viennent chez moi et je me plais à leur montrer qu’avec l’environnement qu’il faut, je peux finalement tout faire. Mieux même, me voici indispensable, car moi seule sait où sont les choses, comment je les fais et les utilise… Ce qui dénote particulièrement avec cette impression de ne servir à rien lorsque je suis dans la plupart des autres maisons/appartements.

Pourtant je n’ai pas un nombre d’adaptations fou, au contraire j’en ai même très peu. Mais pour mon cas, disons que tout est dans le détail. Un logement récent qui comporte de ce fait des portes à largeur acceptable, un espace vide sous les éviers et lavabos pour pouvoir m’en servir sans avoir à me contorsionner, un rez-de-chaussée qui en soit réellement un, et déjà j’ai de quoi me débrouiller pas trop mal.

Je ne parle pas ici des sanitaires ou du couchage, ça c’est moi que ça regarde car que ce soit adapté ou non, ça ne porte préjudice qu’à moi seule. Non, ici je parle de la possibilité de me comporter comme l’invité que mes parents m’ont appris enfant à être. Bien sûr que certains ne sont pas gênés par le fait de passer une soirée les pieds sous la table à se faire servir et laisser la maîtresse de maison prendre en charge toutes les corvées qu’un repas (entre autres) implique. C’est le cas aussi côté valides. Seulement voilà, ce n’est pas moi, dans ma manière d’être normalement.

Alors quand je n’ai pas le choix de me comporter ainsi, ça me dérange. C’est tout.

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