Cette semaine, j’ai un fauteuil qui n’est pas le mien. Parce que le mien est cassé. Et qu’il faut bien faire sans en attendant. Celui qu’on m’a prêté est bien, pour une fois. Il est de la même marque, du même modèle qu’Albert. Sauf que ça n’est pas Albert. Et ce qui semble être des détails me pourrissent la vie, comme ça l’air de rien.

Chaussures montantes

Je me souviens quand j’étais ado, il y avait deux écoles : celle des Converses montantes, et celle des Converses courtes. Moi j’étais dans la première, et lorsqu’un jour ma mère m’en a acheté des basses, je ne me suis pas sentie à l’aise dedans. Je prétextais que le bord de la chaussure me rentrait dans le talon et que ça me faisait mal.

Le fauteuil que j’ai aujourd’hui possède un dossier qui m’arrive au milieu du dos. Normalement le mien arrive plutôt vers le haut du dos. Étonnamment après un temps d’adaptation, ça ne me gêne pas en termes de maintien. C’est moins pratique pour moi aussi lorsqu’il s’agit de s’habiller ou se déshabiller mais ça passe. Alors quel problème y a-t-il allez-vous me dire ? Les poignées ! « Oh ça chipote… » Et bien en fait non, comme j’ai un côté de mon corps qui a mieux récupéré après l’accident et qui est donc plus fort, je peine à tenir mon dos dans un axe parfait. Ainsi suis-je toujours un peu de travers. Résultat ? La poignée gauche du dossier frotte à l’endroit même de la courbure de mon dos et me voilà avec une marque rouge d’irritation qui ne me fait pas vraiment du bien. Et oui.

Je préfère les Converses montantes.

Chaussures à lacets

J’ai toujours détesté les scratchs. C’est moche, ça s’accroche aux manches des vêtements et ça les abîme au passage. En plus j’ai très vite su faire mes lacets, j’ai donc l’impression de n’avoir toujours connu que ça, ou presque. Un lacet c’est plus joli avec sa boucle, pour autant qu’on en ait des en cuir ou des colorés, ça fait en plus tout de suite la différence.

Le fauteuil que j’ai aujourd’hui possède un cale pieds qui s’enlève. Normalement le mien se plie mais ne se détache pas (ce n’est pas un magnolia). Ce qui pourrait paraître comme une option sans importance m’abîme pourtant bien les chevilles : avec ma spasticité, mon pied a tendance à se caler contre le cale-pied, de façon assez brutale parfois. Or si la palette se détache, mon pied se lève et ma cheville se retrouve donc à frotter tout du long, un vrai bonheur ! Sans compter qu’il faut que je raccroche ladite palette à chaque fois et soyons clairs : c’est à ranger dans la catégorie des « c’est pas grave mais c’est chiant.»

Je préfère les lacets.

Chaussures sales

Quand j’habitais encore chez les parents, il n’était même pas ne serait-ce qu’envisageable de monter dans les chambres avec nos chaussures quand on venait de dehors. A partir du moment où on était dans la maison, il fallait enfiler notre plus belle paire de chaussons. Normal. Chaussures = extérieur, garage, entrée, éventuellement cuisine et salon lors d’évènements particuliers (parce que le réveillon habillé sur son 31 mais avec des pantoufles ça fait tâche). Chaussons = étage, chambres, bureaux et salles de bain. L’un des dix commandements d’une maison propre.

Le fauteuil que j’ai aujourd’hui a, je le répète, un dossier bas. Et si de mon côté il n’y a pas de règles pour rentrer dans mon appart, il y en a en revanche pour rentrer dans… ma voiture ! Car le bras robot qui me permet d’embarquer mon destrier à bord du carrosse (image peu logique mais vous comprenez l’idée), est réglé au millimètre pour Albert. Pour un dossier haut du coup. Pour ma paire de chaussons bien confortable et pas les escarpins avec lesquels je m’abîme les pieds si je marche trop avec.

Me voici donc punie, bloquée à l’entrée car je n’ai pas les pantoufles adéquates pour aller plus loin.

Mes chaussures fétiches

Sur certains aspects, je ne suis pas tout à fait une « vraie » nana : je ne collectionne pas les chaussures. En revanche, j’en ai toujours possédé une paire parmi quelques autres que je privilégie jusqu’à les user plus que de raison. Ado ce fut les Converses bleues ciel ramenées de Californie (montantes pour ceux dans le fond qui n’auraient pas suivi) et depuis que j’ai passé le cap « adulte », c’est cette paire de bottines que je rachète encore et encore sans pouvoir m’en lasser.

Encore une fois les fauteuils c’est la même chose. J’en ai deux, un manuel et un électrique, mais je me sens plus à l’aise et plus libre avec le premier. Il est plus adapté à la façon dont je vis, il est ma zone de confort en un sens. Pourtant, une paire de chaussure, c’est une paire de chaussure : ça permet de marcher en ayant la plante du pied protégée. Vous trouvez ça absurde ? Alors ayez le même ressenti pour un fauteuil car ça n’est pas si éloigné. Un fauteuil n’est pas juste un objet pour se déplacer et ça n’est pas dénué de sens si pour un seul modèle, il existe cinquante options, sans parler des mesures qui permet de l’adapter au corps de son futur propriétaire !

Bref, je préfère mes bottines à mes escarpins. Et vous ?

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