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Il y a peu, on m’a fait part d’un article en pensant qu’il m’intéresserait et dont le contenu m’a finalement plus hérissé le poil qu’autre chose. Le billet avait pour titre « Comment apprendre aux enfants à ne pas fixer du regard une personne au physique différent. » Tout un programme n’est-ce pas ? Un programme dont je ne comprends guère la pertinence à vrai dire.

 

De l’ignorance peut naître le pire comme le meilleur !

Déjà parce qu’un enfant possède, à mon sens, cette incroyable faculté d’appréhender le monde avec naïveté. Il n’a aucun a priori, aucun jugement, seulement des appréhensions liées à ce qu’il connaît… ou non ! S’il réagit mal à ce qu’il n’a jamais croisé auparavant, ça n’est pas un apprentissage qui va y changer quoi que ce soit, mais une réaction, seulement une réaction.

Je ne comprends pas les parents qui interdisent leur progéniture d’observer. Car de l’observation née l’expérience. Que les enfants me regardent, encore et encore. Qu’ils finissent par trouver ça normal, habituel, comme appartenant au paysage. Plutôt qu’on leur dise « Arrête, ne fixe pas la dame ! » Parce que s’ils me fixent, ce n’est ni avec pitié ni complaisance, mais c’est avec curiosité. Et moi j’aime bien la curiosité.

Vouloir apprendre à un enfant à ne pas regarder, c’est justement ce qui va le pousser à regarder n’est-ce pas ? Et comme ça le lui aura été plus ou moins interdit, il aura l’impression de poser ses yeux sur « quelque chose qu’il ne faut pas ». C’est là que l’on instaure la gêne, l’anormalité, la différence face à la personne en situation de handicap. Si on laissait Nicolas et Pimprenelle passer à leurs rayons X personnels ce « truc » qu’ils n’avaient jusque-là jamais croisé, peut-être auront-ils des questions à poser c’est vrai.

Et alors ? Les questions comme outils logiques d’enseignement.

Je ne suis pas choquée d’entendre un p’tit loup interroger sa maman par un « Elle a quoi la dame ? ». En revanche je suis choquée quand la-dite maman lui répond « Chut, elle est malade, ça ne se demande pas. » (Et si vous pensez que j’exagère, venez donc faire un tour en ville avec moi un de ces quatre 😉 )

Déjà parce que c’est faux. Je ne suis pas malade. Je le dis, le répète et le réécris, je suis certes un peu abîmée mais absolument pas malade. J’ai même un système immunitaire digne d’un Astérix sous potion magique (sans les moustaches). Pourquoi brider – encore une fois – la curiosité d’un enfant ? Curiosité = Question = Réponse = Apprentissage. CQFD. D’autant que si on donne une explication naturellement, comme on donnerait une explication quand il nous demande pourquoi il y a un arc-en-ciel aujourd’hui, déjà dans sa tête le « bizarre » n’existerait pas. Le malaise se transmet, mais la sérénité également !

« Je ne sais pas, peut-être que la dame s’est fait mal il y a longtemps, ou qu’elle a une maladie qui la fatigue, ce qui fait qu’elle n’arrive plus à marcher comme toi. » Dit avec bienveillance, c’est parfait non ? Je dirais même plus « parfaitement parfait. »

Parlons diversité plutôt que différence…

Maintenant je parle de mon cas car je préfère toujours parler de ce que je connais sur le bout des roues, mais à vrai dire cette réflexion s’applique à tout type de handicap. Il y a toujours la possibilité de présenter la différence de façon simple et saine, quelque soit l’âge de l’interlocuteur. Beaucoup de nos mots sont portés par l’intention qu’on leur donne. Ainsi lorsque vous présentez un gâteau à la banane avec un grand sourire, et quand vous présentez ce même gâteau à la banane en faisant une moue sceptique, vous n’obtiendrez en face pas la même appétence pour votre dessert !

Et bien imaginez lorsque vous êtes avec des enfants que le handicap, c’est comme le gâteau à la banane. Si vous vous comportez normalement en répondant aux éventuelles questions avec clarté et aisance (même si c’est feint), le message sera passé. Ainsi une personne en fauteuil, avec une canne, ou porteur de trisomie ne semblera ni plus ni moins bizarre qu’une personne de couleur, qu’une en uniforme ou une qui se balade sur un monocycle (et pourquoi pas ?)

Interpréter sans notre esprit d’adulte.

Maintenant je vois bien les sceptiques au fond de la salle. « Un enfant qui fixe quelqu’un de différent c’est quand même très gênant… » Alors je m’en vais terminer mon argumentaire par une anecdote me concernant qui ressort durant au moins un repas de famille sur deux.

Un jour, alors âgée de quatre ans, je suis avec ma mère et nous prenons le bus. Dans ce dernier se trouve un homme de petite taille, nain certainement. Et me voilà à le fixer justement. Plutôt que de m’enjoindre à détourner le regard, ma mère me demande juste ce qui me perturbe, ce à quoi je lui réponds bien fort (évidemment) « C’est dommage que le monsieur soit si petit parce qu’il est drôlement beau ! » ce qui a évidemment fait rire tous les passagers. Et pourquoi ça les a fait rire ? Parce que la gamine au carré court et à la parole facile que j’étais ne l’avait pas regardé étrangement à cause de sa taille, mais en premier lieu parce qu’elle le trouvait beau. Quant au « dommage » lié à sa petitesse, il était le fruit d’une comparaison des hommes qui m’entouraient ou même un regret par rapport à ma propre taille (j’ai vite été grande pour mon âge) plutôt qu’une dépréciation. La naïveté de la petite jeunesse n’est-elle pas merveilleuse au final ?

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