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Aujourd’hui nous allons parler de validisme. De cette expression, derrière laquelle personne ne sait trop quoi mettre, que même Word ne connaît pas et souligne en rouge. Or s’il doit être souligné en rouge, ça n’est pas parce qu’il n’existe pas, mais parce qu’au contraire il est temps de le mettre plus en avant.

Au quotidien, de petites oppressions maladroites

Pour y aller franchement et directement, des exemples concrets de validisme dans les attitudes, les réactions, les réflexions de tout à chacun. Déjà. Le validisme c’est quoi ? C’est l’étonnement lorsque je dis que j’ai un travail d’indépendante. Ce sont les regards interrogateurs lorsque j’évoque ma voiture. C’est le « Et lui aussi il est en fauteuil ? » lorsque je parle de mon couple. Ce sont les refus d’un taxi, d’un bus, d’un évènement, d’un lieu, d’une activité parce que pas adapté, pas le temps, pas les connaissances.

« Les connaissances. » Parce que le validisme c’est aussi ça : l’inconscient collectif qui place la personne en situation de handicap en position d’infériorité, qui ne serait donc pas capable d’expliquer ses capacités, ses faiblesses et les moyens de les utiliser pour les unes, les contourner pour les autres. Le validisme c’est cette dame, au supermarché, qui me demande si j’ai besoin d’aide en parlant fort et lentement, des fois que je ne comprenne pas. Le validisme c’est cette manie qu’ont beaucoup de gens d’infantiliser la personne en fauteuil : est-ce rapport avec la taille ? Non, ça va plus loin que ça. Le validisme c’est cette gymnastique mentale qui se joue dans la tête de ceux qui ne connaissent pas le handicap pour savoir s’il faut détourner les yeux, s’il faut proposer son aide, si c’est ok de demander pourquoi, comment, jusqu’à quand ?

      

Parce que oui, je le disais le mois dernier, demander « ce qu’il s’est passé pour que l’on soit en fauteuil » c’est déplacé. Et inclure la formule « si ce n’est pas indiscret » dans la question ne la rend pas plus acceptable. Finalement le validisme c’est aussi ça, c’est se rendre compte que ça peut arriver à tout le monde et ne pas digérer l’info. Mais la maladresse qui camoufle une discrimination même inconsciente, reste une discrimination. Répétée encore et encore, elle finit par ne plus être excusable.

« Il faudrait construire des asiles de cons : vous imaginez la taille des bâtiments ? »

(citation extraite du film « Tais-toi ! »)

Et puis parfois le validisme, c’est juste être [pardon pour ce langage] con.

« Tu souris beaucoup pour quelqu’un de malade ! » « T’as de la chance toi au moins tu passes en priorité dans les files d’attente ! » « Il demande beaucoup d’aide quand même, il n’exagèrerait pas un peu ? » « Bah les gens en fauteuils c’est surtout des vieux non ? » « Ohlala t’es belle, c’est vraiment du gâchis que tu sois en fauteuil ! » « Elle bouge vachement les jambes, elle ferait pas semblant des fois ? » « Les cannes c’est pour les vieux ! » « On ne va pas adapter toute la ville, il n’y a pas d’handicapés chez nous, ça ne servirait à rien. » « S’il avait plus de volonté il remarcherait. » « Sa maladie c’est surtout dans sa tête… »

Je continue ? Non hein…

Je développe ? Non plus.

Je vous laisse relire en précisant bien que chacune de ces phrases sont entendues régulièrement dans le monde parallèle-pas-si-lointain du handicap. Si, si.

Mais si le validisme est une large sous-estimation de la vie que nous pouvons ou ne pouvons pas avoir, basée sur des idées et des préjugés, ce mot peut s’utiliser également pour l’effet inverse.

Le problème ? Dans l’autre sens, la différence est autant mise en avant.

L’admiration, le piédestal. « Vous vous rendez compte ? Il fait du sport toutes les semaines malgré son handicap, quel courage ! » Mais nous ne sommes pas vos leçons de vie, pas non plus un exemple pour encourager votre ado à bouger de ses jeux vidéo. Notre handicap n’est pas une valeur ajoutée à la vie que l’on mène. Chacun fait ce dont il a envie avec ce qu’il sait pouvoir faire. Certains ont envie de rester peinard chez eux à bouquiner ou regarder la télé toute la journée, quand d’autres se donnent les moyens d’aller à l’autre bout du monde. Pas parce qu’ils sont meilleurs, plus intelligents, plus forts ou plus méritants, mais parce que c’est ça qui les rend heureux tout simplement. Vous remarquerez que du côté des « valides » c’est la même chose : il y a des casaniers comme il y a des aventuriers. Il y a ceux qui chérissent une vie douce et calme, puis il y a ceux qui font des exploits (sportifs de haut niveau, acteurs mondialement connus…) Pourquoi le handicap serait à prendre compte dans la jauge de l’extra-ordinaire ? Est-ce qu’un chanteur handi veut être reconnu par sa voix ou par le fait qu’il ne soit pas « valide » mais qu’il ait eu « le courage » de se lancer ?

En bref le validisme, c’est tout ce qui nous rappelle que nous sommes des personnes en situation de handicap qui vivons dans un monde fait par et pour les personnes qui répondent davantage aux normes sociales et physiques. Et c’est un synonyme du mot « discrimination ». Au cas où je t’aurais perdu dans mes explications et que tu n’aurais pas vu le titre. Donc c’est à bannir. Mais ai-je seulement besoin de le préciser ?

      

Pour aller plus loin, vous pouvez retourner toutes les bonnes résolutions #JarrêteLeValidisme sur le site et les réseaux sociaux Twitter et Instagram du collectif @LesDévalideuses. 

 

  • Les informations ne vous ont pas été utiles. Vous pouvez nous soumettre une question pour la FAQ qui répondra davantage à vos attentes.

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