Premiers amours

Quand j’avais une douzaine d’années, je n’étais pas bien différente des autres préados de mon âge. J’avais des boutons, je détestais le prof de maths, je copiais mon frère aîné sans en avoir l’air… et j’écoutais Tryo (entre autres). Mais après avoir usé, ré-usé et ré-ré-usé l’album « Grain de sable », après avoir cassé les oreilles des parents à coups de « c’est l’hyyyyymne de nos campaaaagnes » et chanté à tue-tête (et faux) avec les copains « monsieur Bibendum c’est un sacré bonhomme, monsieur Bibendum il est pas dans les nooooormes », j’avoue avoir, en grandissant, abandonné mes premiers amours musicaux pour les relayer au rang de chouettes souvenirs. Je me contentais depuis de relancer le CD avec tendresse de temps en temps sans même me demander ce qu’il en était aujourd’hui du groupe. Puis il y a quelques mois, je me baladais sur les blogs que j’ai en favoris et me suis ainsi retrouvée sur un article d’Audrey de Roulettes et sac à dos, dont le titre m’avait interpellée : « Sauter en parachute pour le clip de Tryo ». La promesse d’un récit d’aventure intéressant non ?

 

Ces paroles qui me parlent

Outre la superbe expérience vécue et relatée par la blogueuse handi et voyageuse qu’est Audrey, la chanson me séduit.

Les paroles surtout.

Parce que je m’y retrouve. Un peu. Beaucoup.

Dès le début, cette nana avec un tatouage dans le dos dont la vie bascule et qui doit changer de chemin me rappelle quelqu’un. Et d’autres aussi.

Je ne sais pas si j’ai assez repris ma vie  en mains pour dire que c’est moi qui tire les ficelles mais enfin n’en suis-je pas loin je crois.

Entendre quelqu’un chanter qu’une demoiselle qui danse en fauteuil est un sujet de poésie à réciter sur des enchaînements de notes me fait chaud au coeur.  Pour une fois je ne sens pas le handicap mis en avant par pitié,  par conviction ou par lutte d’une reconnaissance. Non, pour une fois, il est sublimé de la même façon que le sont un millions d’autres sujets, juste grâce à quelques instruments de musique.  La musique.  Capable de rendre le beau triste ou le laid enviable, le joyeux déprimant ou la sévérité inaperçue.

 

Charmée sans les roues

Parce que clairement là, il n’est pas question d’une demoiselle en fauteuil dans cette chanson. Il est question d’une nana.  Une nana qui a une vie, une personnalité, une histoire… comme n’importe qui d’autre. Et son fauteuil fait partie de l’histoire. Il n’est pas elle. Subtilité ô combien importante,  à mes yeux du moins.

Alors c’est vrai, depuis quelques semaines j’ai La demoiselle en tête, et ça n’est pas en écrivant ce billet qu’elle va partir de suite… Est-ce vraiment un souci ? Je ne suis pas de cet avis, mais je vous laisserai en juger par vous-même !

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