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Lorsque le handicap surgit alors qu’on a bien eu le temps de profiter d’une vie en pleine possession de ses moyens de ses muscles, la question lancinante du « Serai-je capable ?» se met à prendre beaucoup de place. Un accident, une maladie, et voilà qu’on doute de pouvoir de nouveau se laver les dents tout seul un jour, ou dans l’avenir de ne plus en avoir la capacité.

Une voiture dans le fossé et une Daphnée toute abîmée

Dans mon cas, je me suis réveillée à l’hôpital alors que je n’avais que la tête qui bougeait. Heureusement pour moi, les doses de médicaments que l’on m’administrait étaient telles que je ne pouvais guère me rendre compte de quoi que ce soit, alors me projeter dans un futur même peu lointain vous imaginez ! En revanche mes proches, qui me connaissent (forcément) si bien, se sont chargés à ma place de s’inquiéter. Au-delà du « Remarchera-t-elle ?» évident, il y avait tout le reste. « Est-ce qu’elle aura la possibilité de reprendre une vie en autonomie ? Sera-t-elle en mesure de conduire de nouveau (et si oui, le voudra-t-elle) ? Pourra-t-elle travailler, voyager, faire du sport, faire ce qu’elle aime tout simplement… ?

Tant de doutes, tant d’inconnus. Chaque jour amenait son lot d’hésitations, mais son lot de réponses également. Les premières semaines on se demandait si je retrouverai assez de force pour manger toute seule, un mois plus tard c’était le cas. J’aurais pu ne rien récupérer, ne plus jamais pouvoir écrire, lire, m’habiller, me faire la cuisine, me maquiller, avoir une journée seule sans voir personne, partir en virée shopping (partir en virée tout court d’ailleurs…) Le corps humain est une formidable machine, qui s’apprécie tout particulièrement…lorsqu’elle se détraque !

« On s’aperçoit de la valeur d’une chose quand on la perd. »

Car oui, je me suis soudain rendue compte de chaque muscle sollicité pour faire un mouvement aussi banal que celui de monter un verre d’eau à ses lèvres. Et oui, au début les questionnements se faisaient sur des gestes aussi essentiels. Et par moments, les plus sombres, la réponse se faisait dure et implacable : si je ne peux plus faire ça moi-même à quoi bon continuer ?

Heureusement pour nous, heureusement pour moi, l’Être humain n’est pas une bestiole qui se fait si facilement clouer le bec. L’instinct de survie est fort, j’en suis une preuve parmi des millions d’autres. Alors j’ai avancé petit à petit, avec cette bonne veille insatisfaction éternelle et ce regard tourné vers toujours plus. Hier je n’arrivais plus à mettre mes chaussettes, aujourd’hui j’y arrive, mais maintenant ce sont des collants que je voudrais enfiler seule. Et crescendo, un jour après l’autre, un mois après l’autre, une année après l’autre.

Je suis passée du « Vais-je être capable d’un jour reconduire ? » à « Et si demain je prenais l’avion sur un coup de tête pour aller au fin fond de nulle part toute seule ? » (Brésil 2018)… Du « Vais-je être capable d’un jour réécrire avec un stylo ? » à « Et si je m’achetais une cinquième plume (différente encore des autres) pour faire ma calligraphie ? »… Du « Vais-je être capable d’un jour retravailler » ? à « Et si en plus de rédactrice web, auteure et conférencière, je me rajoutais une casquette en étudiant la graphologie ? »

Il suffit parfois d’un peu plus d’attention pour voir

Le truc, c’est que je n’ai pas le monopole du « Cap ! » Le handicap véhicule une image tellement négative d’incapacité générale : souvent dans le regard des gens qui ne sont pas sensibilisés sur le sujet, il y a comme un étonnement à voir qu’une personne en fauteuil par exemple, peut avoir une voiture, peut fonder une famille, peut partir à l’autre bout du monde, peut créer des choses…

J’ai déjà vu une vidéo d’un homme paraplégique qui construit un muret avec un four en pierre encastré seul (de la maçonnerie en fauteuil, oui messieurs-dames !) Internet regorge d’ailleurs de petites pépites comme celle-ci, d’handi qui font ce que jamais on aurait soupçonné d’eux. Des cascades dans un terrain de moto cross, de la voltige aérienne (Dorine Bourneton), des traversées de mers et d’océans à la nage (Philippe Croizon)… ou encore des triathlons avec des médailles à la clé (Gwladys Lemoussu ;-)). En cherchant un peu, on trouve des handi qui chantent, qui dansent, qui sont patrons d’entreprise, qui sont cuisiniers renommés, qui sont sportifs de haut niveau, qui sont acteurs, professeurs, inventeurs, fabricants…

Certes, il existe autant de handicaps et de façon de les vivre qu’il existe d’individus en possédant. Bien sûr que les inégalités vont largement nuancer ce fameux « cap » d’handicap. Mais c’est justement ainsi qu’il faut apprendre à nous voir : différents. Capables différemment, handi différemment… c’est le concept même de l’individualité finalement non ?

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