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Mes parents m’ayant élevée au rythme des merci-s’il vous plaît, j’ai longtemps été une enfant puis une adulte au vocabulaire soigné et présent dans le dictionnaire. Mais si j’écris à l’imparfait de mon feu langage parfait, c’est bien que le temps passe et beaucoup de choses ont changé (qui aurait pu s’imaginer que le temps serait si vite écoulé ?) Parce qu’être en fauteuil m’a rendue vulgaire, l’eusses-tu cru (ni mère Michèle ni chat dans l’histoire).

Entendons-nous bien, pas que les gens soient plus idiots que lorsque j’étais valide, ou la société moins absurde par moments non. Mais disons qu’être dans une situation considérée comme étant à côté de la normale, ça met en exergue la bêtise du monde dans lequel on nous fait vivre : plein de généralités sans inclusion, d’égalité sans équité.

Et au-delà des situations désagréables liées à un environnement inadapté et à des personnes ignorantes ou simplement maladroites, il y a moi. Mes faiblesses, mes vulnérabilités, mes étourderies… et souvent liée à tout cela : mon impatience !

Bref, je vois que je ne suis pas vraiment claire, reprenons, le voulez-vous ?

Les gens

Comment ne pas pester (intérieurement évidement, me donner en spectacle ou être agressive n’ayant jamais été dans mon tempérament) contre cet automobiliste qui s’est garé en plein milieu du trottoir, m’obligeant à contourner son véhicule en passant sur la route ? Contre ces poubelles posées dans le passage chaque jeudi matin alors qu’il faut que je me rende au cabinet de kinésithérapie ?

Hier je suis allée faire les courses dans une grande surface. Le parking n’était pas vide mais loin d’être plein. Et sur les plus de cinq cent places, la petite dizaine normalement réservée aux personnes en situation de handicap étaient toutes occupées sans exception. Et me voici à tourner encore et encore, à râler parce que bon, « Tu vas pas me dire qu’il y a dix fauteuils dans ce [censure] de centre commercial ! (Pour ceux qui diront « Oui mais ils ont la carte ! », se référer à mon article du mois dernier à ce sujet) Oui je parle à ma voiture, et non je ne suis pas dérangée. Enfin pas tout à fait… Bref. Est-ce que j’ai serré la mâchoire en attendant qu’un couple sur leurs jambes rangent leurs courses bien tranquillement et me libèrent enfin la place ? Oui. Non sans grommeler comme une veille grincheuse qui se fait réveiller par le coq du voisin à cinq heures du matin. « Aucun bon sens… égocentrisme… et vas-y que je ne pense qu’à moi… scrogneugneu ». Ne me jugez pas, cette humeur ne vous est pas inconnue j’en suis sûre !

Les lieux

Heureusement, ce ne sont que des instants pris ça et là, d’attitudes inadaptées mais anodines. Même récurrentes, elles finissent par être supportables puisqu’au final, nous n’avons pas le choix. Il faut dire aussi que notre environnement ne se prête pas toujours à notre diversité. Nous revoici avec les problèmes d’accessibilité, d’équité et d’inclusion.

Vous avais-je parlé de cet ami en fauteuil dont le bureau de vote n’était atteignable qu’après une belle volée de marches ? De ces passages piétons au niveau desquels le trottoir ne s’abaisse pas ? De cette poste dans laquelle les guichets se trouvaient tous à hauteur de mes yeux, non de mes mains ? De cette caisse de supermarché dans laquelle je m’étais retrouvée coincée parce qu’au bout elle se rétrécissait ? Comment garder son sang froid dans toutes les situations alors que l’on se retrouve avec ce sentiment de rejet violent qui s’impose à nous ? Le monde manque-t-il d’être adapté… où est-ce nous qui ne le sommes pas ?

Ma vie

Au-delà de ce qui fait l’extérieur au sein duquel chacun de nous évolue, il y a cette relation entre nous et nous qui ne nous fait pas toujours de fleurs. J’ai toujours été particulièrement dure avec moi-même. Je m’excuse difficilement mes échecs lorsque je sais savoir ou pouvoir faire. Alors oui, il m’arrive de me dénigrer. C’est nul, mais que voulez-vous, l’imperfection est le lot de tous. Cela dit, je n’ai pas forcément besoin de me juger pour lâcher un juron ça et là. Toutes ces fois où je cogne les poignées de mon fauteuil dans une porte que je prends en marche arrière, celles où je me sens chuter, celles où mon destrier a un pépin (bref ou non), celles où je dois m’y reprendre à deux fois pour passer un seuil alors que je n’ai pas pris assez d’élan…

Parce que finalement, quoi que je vous écrive, quoi que vous lisiez, le handicap reste et restera un poids psychologique non négligeable dans la vie d’un Être humain. Alors quand en plus les rues, les gens, ses propres gestes… se montrent traîtres, et bien oui, un bon « pu*** fait ch** » ça défoule ! Un peu 😉

 

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