Parfois je me balade dans la rue (c’est fou ce qu’il peut se passer dans ma vie) et je croise une femme que je trouve élégante, un couple avec un chien magnifique, un homme qui porte un sac à dos vintage super cool et tout ça a beau être positif, je ne me vois pas aborder ces gens « comme ça », même pour les complimenter. Alors imaginez mon incompréhension face à ceux qui m’abordent moi… Pour me poser des questions particulièrement déplacées !

Parce que ça arrive. Souvent. La dernière en date me sert d’histoire insolite à raconter pour égayer le repas de famille. 

Alors voilà, je me baladais (sur l’avenue, le cœur ouvert à l’inconnu) il faisait beau et j’étais de bonne humeur. D’ailleurs je jouais sur mon téléphone portable, en ligne avec mes cousins qui habitent loin de moi mais de qui je suis très proche. Un moment je m’arrête pour profiter d’une belle vue, du calme de la ville (un dimanche matin) et des rayons chauds qui me caressent le visage. 

Quand soudain

Un homme, pas très propre sur lui, avec très certainement un coup dans le nez, trace vers moi et me lance un « Bonjour madame » auquel je réponds car enfin, j’ai été bien élevée. Sans transition aucune, l’étrange personnage me pose la question fatidique de but en blanc : « Qu’est-ce qui vous est arrivé ? ». Je n’aurais pas été à ce point abasourdie, je lui aurais très certainement retourné la question en guise de réponse, mais non, je n’ai su que dire le fond de ma pensée à cet instant précis : « Et c’est vraiment la première question que vous posez en m’abordant ? ». L’interlocuteur appuie cette constatation en reformulant sa question (des fois que je n’aurais pas compris) et d’agacement, je finis par lui dire que là tout de suite maintenant, je n’ai pas envie de le lui expliquer, juste d’être tranquille. Afin d’appuyer cela, je remets le nez dans mon téléphone et m’aperçois que j’ai raté un morceau de la conversation en commun avec les cousins ce qui me contrarie encore un peu plus. L’homme part. Ouf. 

Vexé ? Apparemment oui…

« J’aurais pu vous faire remarcher ! Mais les jeunes avec leurs portables. Ils font que ça. Ils ne voient pas le monde autour d’eux. Et ils ratent tout. J’AURAIS PU VOUS FAIRE REMARCHER !!! » (Et autres marmonages, calmés cependant par un homme qui, me voyant la proie de ses véhémences, lui a demandé d’un air accusateur s’il avait un problème.)

« J’aurais pu vous faire remarcher ». Ce que les scientifiques du monde entier, toute ma volonté et quelques séances de magnétisme n’ont pu faire, sachez mesdames et messieurs, que dans une modeste ville du Centre de la France, un homme le peut. Et zut, j’ai loupé le coche. J’aurais été Blanche-neige, je serais tombée dans le panneau des pommes empoisonnées, pas de chance.

À y réfléchir, cela pourrait me mettre en colère, que des gens se permettent de piétiner tout ce autour de quoi ma vie a tourné ces cinq dernières années. Mais en fait, ça m’a plutôt fait sourire. Le monde est rempli de personnes brillantes… et de personnes qui le sont beaucoup, beaucoup moins. Je garderai ça en mémoire comme une anecdote amusante à ajouter à mon recueil de bizarreries !

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