Sécurité électronique : où se situe l’automobile par rapport aux autres secteurs ?

Aéronautique, spatial, nucléaire… certains secteurs sont réputés pour leurs exigences extrêmes en matière de sécurité. Mais qu’en est-il de l’automobile ?

Une base commune : la sécurité fonctionnelle

La plupart des secteurs critiques s’appuient sur des approches similaires : analyse de risques, prévention des défaillances et systèmes redondants.

Dans l’automobile, cette approche est formalisée par la norme ISO 26262, qui définit les niveaux de sécurité appelés ASIL (Automotive Safety Integrity Level).

Des niveaux de sécurité comparables… mais des contraintes différentes

Trois facteurs principaux déterminent le niveau de sécurité :

  • La gravité des conséquences d’une panne
  • La possibilité d’intervention humaine
  • L’accessibilité pour la maintenance ou la réparation

Il n’existe pas de classement officiel, mais on observe généralement :

  1. Le spatial : exigences maximales en environnement extrême avec impossibilité d’intervention.
  2. L’aéronautique : très haute sécurité pour des centaines de passagers, une défaillance pouvant entraîner un accident majeur.
  3. Le nucléaire militaire et la défense : risques très élevés aux niveaux humain, environnemental et stratégique.
  4. L’automobile : risque élevé (ASIL A à D), notamment sur les systèmes critiques, avec des contraintes de production en grande série.
  5. L’industrie : normes élevées, notamment en environnement contrôlé.
  6. Le médical : niveau de risque variable, de très critique (ex : pacemaker) à modéré.
  7. L’électronique grand public : exigences réglementaires de base (marquage CE), avec une forte contrainte de coût.

Chaque secteur applique donc des normes spécifiques adaptées à ses risques. L’automobile, notamment avec l’essor de la conduite assistée, se rapproche des standards de l’aéronautique en matière de sécurité électronique.

Pour en savoir plus : RTCA | Safer Skies Through Collaboration

L’automobile doit donc atteindre un haut niveau de sécurité tout en restant accessible et industrialisable.

 

Une montée en exigence continue

Avec l’arrivée des ADAS (Advance Driver Assistance System) en français Sytème Avancé d’Assitance pour les conducteurs, les exigences en matière de sécurité électronique augmentent fortement. L’ambition de la Commission européenne est clairement affichée : atteindre pratiquement 0 décès et 0 blessé grave sur les routes d’ici à 2050 et réduire le nombre de décès et de blessés graves de 50% d’ici à 2030 (vision zéro).

Le cas spécifique des équipements de conduite adaptée

Dans la conduite adaptée, le niveau d’exigence est encore plus critique car le conducteur dépend directement du système.

La précision et la fiabilité sont essentielles, aussi, et la tolérance à l’erreur est très faible. Cela place ces équipements handiconduite à un niveau de criticité très élevé.

Conclusion

L’automobile n’est pas le secteur le plus contraint… mais elle est probablement celui qui évolue le plus vite en matière de sécurité électronique.

La conduite adaptée aux personnes en situation de handicap en est une illustration particulièrement exigeante.

 

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