Un virus décide de s’installer peinard sur notre pauvre vieille Terre et voilà que le traître attaque les gens faibles. Vous savez, ceux qui mouraient en premier aux Moyen-Âge, et à la Renaissance, et aujourd’hui, et… Bref, ceux qui meurent en premier quoi. Parmi eux nous compterons les vieux personnes d’un certain âge, les malades, les femmes enceintes (quand c’est pas le moment, c’est pas le moment) et les hypocondriaques (parce qu’à force de baliser ils vont bien finir par chopper quelque chose, psychologiquement parlant au moins.) Bien sûr dans le mot « malades » qui sert de fourre-tout perdant un peu de son sens, comprendre les maladies chroniques ou graves bien sûr, mais également les asthmatiques, les poumons comprimés, les allergiques et en règle générale toute la magnifique (et joyeuse) famille des handis (c’est marqué sur les petits papiers officiels).

Alors oui j’y ai eu droit

Tellement. Et sans ironie ni humour même. Tant par mes propres parents que par mes amis, qui, adorables comme tout, m’ont proposé de me faire mes courses.

D’accord. Mais je l’accepterais comme un service et non comme un besoin. Période de confinement ou pas période de confinement. Parce que remettons les choses au point : une personne dite « vulnérable » ici, c’est sous-entendu, une personne ayant plus de chance de chopper le virus non ? Par une déficience des défenses immunitaires ou par un quelconque affaiblissement physique (vieillesse, grossesse, problème de peau, problème cardiaque…) Hors ça n’est pas mon cas. Être en fauteuil ne fait pas de moi une proie plus facile à la moindre bactérie qui aurait envie de squatter je crois.

Être considérée comme une pauvre petite chose c’était rigolo au début. Touchant quand ça entraînait de la bienveillance à mon égard, vraiment. Mais au bout de quinze jours d’enfermement ça a fini par m’exaspérer d’exagération (un tout petit peu). Surtout que les courses, c’est ma seule excuse pour sortir de mon appartement à l’heure actuelle (vu que je n’ai pas de chien). Donc quand je sors acheter mon ravitaillement pour les deux prochaines semaines (en click and collect, ça n’est pas comme si je prenais des risques non plus) et que je me surprends à ne le notifier à personne pour ne pas être prise en « soi-disant flagrant délit de mise en danger », je me dis que…

… Le monde ne tourne plus bien rond, ni ma tête ni dans celle des autres

D’ici je vous entends : « Encore une histoire de fierté ça ! » Comme je le disais plus haut, ça ne m’a dérangée qu’arrivée à un certain point. En fait ça ne m’a gênée que lorsque c’est devenu stigmatisant : fauteuil = faiblesse = danger de mort. BAM. Pour moi qui n’ai qu’un souci mécanique ou presque, ça n’a aucun sens. Je reste chez moi, je me lave les mains, je garde une distance de sécurité avec les gens, je ne leur éternue ou tousse pas dessus (question d’éducation avant tout) comme chacun doit le faire.

Maintenant il est vrai que si le virus s’invite chez moi et se développe, mes poumons galérons un peu plus que les vôtres peut-être, mais ça… c’est un autre stade. Et je n’ai pas prévu de me laisser l’atteindre. D’ici là, la « personne vulnérable » vit son confinement comme n’importe qui, dans l’entraide (et un peu la flemme parfois). Donc oui, ma voisine me prend des trucs quand elle fait ses courses… et vice versa. Égalité d’exposition.

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